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Bilan climatique été 2020

Rappel de notre tendance saisonnière : Météo 76 a établi une tendance « plus sèche et plus chaude, avec des disparités en raison du risque d’orages, ainsi qu’un risque de canicule » que la moyenne pour le trimestre juin-juillet-août (par rapport à la référence climatique 1981-2010) qui a eu lieu du 1er juin au 31 août. Cette tendance s’affirme par l’appui de données officielles suivantes…

  • Sur les trois derniers mois, les températures ont été largement excédentaires par rapport à la normale (1981-2010) avec une anomalie thermique de l’ordre de +1.36°C (après un printemps et un hiver très doux avec respectivement +1.5°C et +2.1°C). Cet été se caractérise par 52 jours de douceur contre 40 jours de fraîcheur. Les températures ont inférieures aux normales de saison uniquement durant la première décade de juin et la dernière décade d’août. Entre la mi-juin et la mi-août, nous avons connu deux bonnes périodes de fortes chaleurs (dont fin juin et entre fin juillet et mi-août) dont une canicule sévère et des températures de saison durant les autres jours. Voici les 5 étés les plus chauds observés depuis les années 70 :
  • 2018 : +2.1°C*
  • 2003 : +2°C* 
  • 2020 : +1.36°C*
  • 2019 : +1.36°C*
  • 2006 : +1.33°C*

*Température moyenne de l’été météorologique qui a lieu entre le 1er mars et le 31 mai.

Pour vous rafraîchir la mémoire météorologiquement parlant, voici les anomalies de températures pour l’été entre 2011 et 2017 !

  • 2017 : +1.1°C
  • 2016 : +0.6°C
  • 2015 : +0.6°C
  • 2013 : +0.5°C
  • 2012 : +0.3°C
  • 2014 : +0.1°C (!!!)
  • 2011 : -1.5°C (!!!)
  • La pluviométrie a été déficitaire par rapport à la normale (1981-2010) avec une anomalie de l’ordre de -33% en moyennant les trois stations officielles de Météo France (le Havre, Rouen et Dieppe). Sur les trois derniers mois, il est tombé :

105.4 mm au Havre (certainement plus avec les orages du 17 juin et du 12 août mais les cumuls ne sont pas comptabilisés puisque les plus grosses pluies ne sont pas tombées au-dessus des stations). La moyenne du Havre est de 170.2 mm !

151.8 mm à Rouen (contre une moyenne de 197.7 mm)

105.4 mm à Dieppe (contre une moyenne de 170.3 mm)

Cela fait une moyenne de 120.8 mm* contre une moyenne de 179.4 mm (par rapport à la normale de 1981-2010).

*Moyenne pluviométrique entre le 1er juin et le 31 août en prenant en compte les 3 stations météos.

La sécheresse de surface présente depuis le printemps s’est très vite accentuée par le manque de pluie entre juin et juillet (surtout juillet où on criait « pluie viens à nous ! »). Les orages d’août ont nettement atténué la sécheresse. On a limite échappés à la catastrophe, bien que ça commençait déjà à l’être pour certaines zones comme l’intérieur du Pays de Caux et le Pays de Bray.

  • L’ensoleillement a été de saison durant cet été avec un petit +7% soit un total de 605 heures (pour une moyenne de 592 heures). Il est dans le top 10 des plus ensoleillés.

Et si on faisait un résumé avec des chiffres ?

Températures :

Le Havre : +1°C

Rouen : +1.3°C

Dieppe : +1.4°C

  •  +1.5°C (trois stations officielles)

Précipitations :

Le Havre : -56%

Rouen : -21%

Dieppe : -38%

  • -36% (trois stations)

Ensoleillement :

Environ +7% en Seine-Maritime (car on dispose uniquement de la station de Rouen pour l’ensoleillement).

Bilan climatique de juillet 2020

Photo d’illustration via Pixabay.

Le mois de juillet a été très sec et légèrement plus doux, correctement ensoleillé.

Sur la moyenne du mois, la Seine-Maritime a été généralement influencée par un flux d’ouest anticyclonique. Les conditions ont été assez calmes avec la persistance des hautes pressions. Toutefois, les dépressions ont été plus présentes sur les Iles Britanniques et ont davantage apporter des nuages sur notre territoire normand, d’où la sensation d’avoir eu un mois de juillet « pourri », terme totalement inapproprié et inexact. Pourquoi ? Parce que la Seine-Maritime est un département avec un climat océanique, peu importe les saisons. Par exemple, la moyenne thermique se situe entre 20°C et 22°C* en plein mois de juillet, valeurs que nous avons régulièrement observés durant ce mois. Contrairement aux idées reçues, ce mois de juillet a été de saison en termes des températures : sur une bonne partie du mois, les températures ont été parfois inférieures aux normales de saison mais la fin de mois très chaude a fait basculer l’anomalie thermique de négative à positive. Un puissant coup de chaud nous a concerné le 30 et 31 juillet, avec des valeurs qui ont été supérieures à +15/+19°C au-dessus de la normale (principalement pour le 31 juillet).

PS : Je suis donc désolé de pas aller dans votre « sens », mais le climat de la Seine-Maritime ce n’est pas avoir 30-35°C très souvent avec du plein soleil… J’ai beau expliquer, réexpliquer encore et encore, la plupart des personnes ne souhaitent ou ne veulent pas comprendre. Il n’est pas question d’être normand, Français, de se plaindre, non non ! Ce sont des chiffres qui ont été étudiées par des scientifiques, des météorologues, des climatologues qui ont la soif d’expérience et de savoir-faire. Je ne sais même plus quel terme ajouter… Depuis 2015, les étés sont toujours secs et chauds hormis ce juillet 2020 qui est de saison (mais sec aussi !). Forcément, le réchauffement climatique accélère le processus de chaleur et de sécheresse les étés, donc dès qu’il fait 20°C (alors que c’est normal), c’est limite ça caille…

*Moyenne des températures élaborée sur 30 ans de 1981 à 2010.


L’anticyclone des Açores plutôt proche de chez nous a donc atténué toutes les perturbations qui traversaient notre département. De ce fait, ce mois de juillet a été très sec puisqu’on relève 19 mm à Dieppe, 24.4 mm au Havre et 26 mm à Rouen… on a aussi :

  • 16.8 mm à Vinemerville
  • 20.2 mm à Omonville
  • 21.8 mm à Petiville
  • 22.4 mm à Goderville
  • 23.2 mm à Ectot-lès-Baons
  • 24.2 mm à la Chapelle-St-Ouen
  • 25.1 mm à Cuy St Fiacre
  • 26.2 mm à Eu
  • 26.3 mm à St-Germain-d’Etables
  • 27.5 mm à Mesnil-Esnard
  • 29 mm à Butot
  • 30.4 mm à Bouelles
  • 30.8 mm à Notre Dame de Bliquetuit

Depuis le printemps, malgré des périodes « humides », la sécheresse agricole c’est-à-dire la sécheresse de surface s’accentue/s’intensifie partout. Elle est plus prononcée dans l’intérieur du Pays de Caux, le Petit Caux, le Pays de Bray et l’inter Caux et Vexin. C’est également important mais c’est plus relatif près de la Seine. Ce mois de juillet n’a fait qu’empirer la situation avec un sol de plus en plus sec ! Preuve en est, le déclenchement d’incendie dans les champs (chaleur + vent + sécheresse = incendie). Au vu des dernières prévisions, la sécheresse de surface devrait persister et s’intensifier davantage durant le mois d’août.


Quant à l’ensoleillement, avec uniquement la station de Rouen disponible publiquement, on enregistre une valeur +230 heures soit un excédent de +15%. Je pense qu’on doit être plutôt dans la moyenne si d’autres stations avaient ces données.


A la demande, voici une comparaison en termes de moyenne pluviométrique pour juillet sur les 5 dernières années, comprenant les trois stations météo principales du 76 (Le Havre, Rouen et Dieppe).

2020 : 23.1 mm

2019 : 20 mm

2018 : 29.2 mm

2017 : 29.7 mm

2016 : 16.6 mm

2015 : 53.2 mm

La moyenne pluviométrique pour le mois de juillet est de 58.6 mm (référence 1981-2010). Le dernier mois de juillet humide remonte à 2014 avec 81.3 mm ! Le mois de juillet le plus pourri remonte en 2007 puisqu’il était tombé (attention préparez-vous…) :

  • 113 mm au Havre
  • 166.8 mm à Rouen
  • 137.2 mm à Dieppe

On est alors vachement loin d’un été de « merde », « pourri » comme j’ai pu entendre !


Et si on faisait un résumé ?

Températures légèrement excédentaires

Par rapport à la référence 1981-2010, l’anomalie de températures affiche un léger excédent de l’ordre de +0.50°C en prenant en compte les températures minimales et maximales des trois stations principales Le Havre, Rouen et Dieppe.

Précipitations fortement déficitaires

Par rapport à la référence 1981-2010, l’anomalie de précipitations affiche un déficit exceptionnel de -60%.

Ensoleillement correct

L’ensoleillement affiche un léger excédent d’environ +15% mais il est possible que ce chiffre soit faussé puisqu’il existe une station avec cette donnée (Rouen). Je pense plutôt à un ensoleillement de saison.

Un mois de juillet sec !

Photo d’illustration / Pixabay.

Outre les températures globalement plus « fraîches » que la normale, avec une anomalie faiblement négative recensée sur la période du 1 au 20 juillet, ainsi que l’ensoleillement « timide mais correct » pour la saison, il en laisse pas moins que ce mois de juillet n’est pas aussi pourri qu’on pourrait le croire. D’ailleurs… où est passée la pluie ? Est-ce un phénomène qui devient de plus en plus rare ? N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire.

Sur la période du 1 au 20 juillet, les cumuls de pluies sont catastrophiques, sans exagérer ! On observe 8 mm au Havre, 8.4 mm à Dieppe et 11.4 mm à Rouen. Pour bien comprendre la situation, les cumuls moyens sont les suivants… 52.3 mm au Havre, 54.7 mm à Dieppe et 68.9 mm à Rouen, pour un mois de juillet de saison en termes de pluviométrie. Il ne devrait pas y avoir de records mais voici le mois de juillet le plus sec pour chaque station :

  • Juillet 1999 au Havre avec 1.5 mm
  • Juillet 2010 à Rouen avec 19.1 mm (possible record, à confirmer)
  • Juillet 2016 à Dieppe avec 7.8 mm

Pourquoi il y a tant d’écart ? Je n’écarte pas la probabilité que le mois de juillet est à la base un mois où des phénomènes localisés éclatent, comme des orages par exemple.

La sécheresse est un phénomène de plus en plus fréquent l’été. A l’heure de ce juillet 2020, un courant d’ouest anticyclonique est la cause du manque de pluies. En effet, malgré la circulation de dépressions sur notre pays voisin les Iles Britanniques qui apportent davantage de nuages et des températures « plus fraîches » que la moyenne, l’Anticyclone des Açores atténue les perturbations qui arrivent sur nos contrées, c’est à dire que cette dernière faiblit de plus en plus. Le point fort du réchauffement climatique des 20 dernières années, est je pense, des situations de sécheresse de plus en plus fréquentes et plus longues.

Bilan climatique de juin 2020

Image via Pixabay.

Juin 2020

Le mois de juin 2020 a été plus doux, légèrement plus sec et de saison en termes d’ensoleillement.

Sur l’ensemble du mois, en moyenne, la Seine-Maritime a été influencée par des conditions dites dépressionnaires, autrement dit les dépressions étaient plus proches de nous qu’habituellement. Les perturbations ont été nombreuses entre le 4 et 17 juin dont de fréquents orages qui ont lieu entre le 15 et 17. Un puissant orage a touché l’agglomération du Havre, son estuaire jusque vers la région de Bolbec où des inondations ont été mesurées durant la soirée du 17 juin. Un épisode de forte chaleur a eu lieu le 24 et 25 (jusqu’au 26 à Rouen) avec des valeurs qui ont dépassé les 30°C. Le seuil de très fortes chaleurs a été atteint à Petiville (près de la Seine) avec 35.4°C.

Des températures plus douces que la moyenne

Aucun record de température a été établi durant ce mois de juin. Une vive fraîcheur et des températures de saison nous ont concerné 4 au 22 juin avant un coup de chaud entre le 24 et 26 juin. Malgré que les températures aient été majoritairement plus basses que la normale, le coup de chaud a compensé l’anomalie de températures rendant ce mois plus doux que la moyenne.

Des cumuls de précipitations contrastées

Malgré les nombreuses journées humides, le mois de juin enregistre un léger déficit pluviométrique. Bien qu’il ait plu, les cumuls de pluies n’ont pas été aussi importants par rapport à ce qu’il devrait tomber. Les villes situées près de la Seine ont été d’ailleurs les plus touchées, ainsi que l’extrême nord-est du département. On relève d’ailleurs :

  • 28.8 mm à Omonville
  • 34.1 mm à Cuy St Fiacre
  • 34.6 mm à Turretot
  • 40.2 mm à Dieppe
  • 40.4 mm au Havre
  • 42.5 mm à la Chapelle St Ouen
  • 49.9 mm à Ectot Lès Baons
  • 53.7 mm à Petiville
  • 61.2 mm à Rouen
  • 63.4 mm à Goderville
  • 65.8 mm à Eu
  • 66.8 mm à Vinnemerville
  • 91.3 mm à Notre Dame de Bliquetuit
  • 99.4 mm à Butot

Un ensoleillement timide

Le soleil a été peu présent durant les 20 premiers jours (hormis en tout début de mois). Il a fallu attendre la dernière décade (10 derniers jours) de juin pour voir davantage le soleil. On enregistre un ensoleillement « correct » et de saison mais le ressenti avec les nuages et l’humidité donne l’impression qu’on a eu mois de juin pourri, or ce n’est pas le cas du tout !

A la demande, voici une comparaison en termes de moyenne pluviométrique pour les trois stations principales de la Seine-Maritime (le Havre, Rouen et Dieppe) sur les 5 dernières années (2015 à 2020).

2020 : 47.4 mm

2019 : 56.2 mm

2018 : 22.3 mm

2017 : 36.8 mm

2016 : 67.9 mm

2015 : 25.2 mm

Et si on faisait un résumé ?

Températures excédentaires

Par rapport à la référence 1981-2010 (moyenne de ces 30 années), l’anomalie de température affiche un excédent thermique élevé de l’ordre de +1.3°C en prenant en compte les températures minimales et maximales de chaque journée et les trois stations du réseau principal dont le Havre, Rouen et Dieppe.

Disparités de précipitations

Par rapport à la référence 1981-2010, l’anomalie de précipitations est légèrement déficitaire d’environ 22% pour les trois stations principales dont le Havre, Rouen et Dieppe. Quelques disparités existent notamment pour certaines stations secondaires qui enregistrent un excédent pluviométrique.

Ensoleillement de saison

Par rapport à la référence 1981-2010, l’ensoleillement est de saison d’environ -7% avec 188 heures et 20 minutes.

Bilan climatique du printemps 2020

Bilan climatique du printemps 2020.

Rappel de notre tendance saisonnière : Météo 76 a établit une tendance plus sèche et plus douce que la moyenne pour le trimestre mars-avril-mai (par rapport à la référence climatique 1981-2010) qui a eu lieu du 1er mars au 31 mai. Cette tendance s’affirme par l’appui de données officielles suivantes…

  • Sur les trois derniers mois, les températures ont été largement excédentaires par rapport à la normale (1981-2010) avec une anomalie thermique de l’ordre de +1.5°C (après un hiver très doux de l’ordre de +2.1°C). Ce printemps se caractérise par 64 jours de douceur contre 28 jours de fraîcheur. On a eu affaire à une période estivale dès début avril (du 8 au 12) avec une température supérieure à 25°C à Rouen durant 5 jours, une séquence aussi chaude n’avait jamais été vu aussi tôt dans la saison. La chaleur s’est intensifiée et globalisée à pratiquement tout le département durant la seconde quinzaine de mai. Le mois de mars reste dans les clous avec une fraîcheur résistante, concernant surtout les matinées (gelées tardives en fin de mois). Voici les 4 printemps les plus chauds observés depuis les années 70 :

2011 : +1.8°C*

2017 : +1.6°C*

2020 : +1.5°C*

2007 : +1.4°C*

*Température moyenne du printemps météorologique qui a lieu entre le 1er mars et le 31 mai.


  • La pluviométrie a été largement déficitaire par rapport à la normale (1981-2010) avec une anomalie de l’ordre de -36% en moyennant les trois stations officielles de Météo France (le Havre, Rouen et Dieppe). Sur les trois derniers mois, il est tombé :

125.7 mm au Havre (contre une moyenne de 171 mm)

125.4 mm à Rouen (contre une moyenne de 200.6 mm)

92.4 mm à Dieppe (contre une moyenne de 173.9 mm)

Cela fait une moyenne de 114.5 mm* contre une moyenne de 181.8 mm (par rapport à la normale de 1981-2010).

*Moyenne pluviométrique entre le 1er mars et le 31 mai en prenant en compte les 3 stations météos.

Une sécheresse de surface s’est installée progressivement durant le mois d’avril puis s’est intensifiée fin mai. Autrement dit, les sols ont commencé à manquer d’eau en avril comblé par un déficit pluviométrique. Ce déficit s’est également montré durant mai. Fin mai, les sols commençaient à « griller », à « prendre une autre tournure en termes de couleurs ». Je précise une énième fois que je parle des sols et non des nappes phréatiques qui ont été suffisamment rechargées entre octobre et mars en raison de précipitations abondantes et régulières. A ce jour, les nappes se portent très bien. Pour éviter qu’une sécheresse de surface s’installe, il faut qu’il pleuve de temps à autre avec des cumuls corrects. Or ce n’était pas le cas durant la deuxième moitié du printemps.


  • L’ensoleillement a été très bon durant ce printemps, largement excédentaire d’environ +19% avec un total de 559 heures et 10 minutes (pour une moyenne de 458 heures et 20 minutes). C’est le 4ème printemps le plus ensoleillé depuis 2000 (il n’y a pas d’autres observations pour le 20ème siècle).

2011 : 669h

2010 : 571h

2007 : 563h

2020 : 559h


Et si on faisait un résumé avec des chiffres ?

Températures :

Le Havre : +1.8°C

Rouen : +2°C

Dieppe : +0.9°C

  •  +1.5°C (trois stations officielles)

Précipitations :

Le Havre : -26%

Rouen : -37%

Dieppe : -46%

  • -36% (trois stations)

Ensoleillement :

Environ +19% en Seine-Maritime (car on dispose uniquement de la station de Rouen pour l’ensoleillement).

Chaleur estivale à venir !

 © Arnaud Lesueur pour Météo 76

Sous l’influence des hautes pressions, un temps ensoleillé et printanier est garanti ces prochains jours en Seine-Maritime. Les matinées de mardi et mercredi feront exception avec des bancs de brouillards/nuages bas qui arriveront de la mer mais ces derniers se dissiperont pour laisser place à un soleil particulièrement généreux. Le thermomètre matinal sera encore frisquet mais au fil de la journée les valeurs vont s’envoler, notamment mercredi après-midi où l’on dépassera facilement la barre des 25°C à l’ombre (hormis le long du littoral qui sera soumis à un flux maritime limitant la hausse du mercure). La nuit de mercredi à jeudi s’annonce également très douce puisqu’il ne fera pas moins de 15°C.

En parlant de jeudi, les températures devraient atteindre 27-28°C avec un ressenti lourd…

Dégradation jeudi ?

Un affaiblissement de l’anticyclone permettrait à une petite poche d’air froid en altitude de s’insérer le long de la Manche. Résultat, le ciel se voilerait de plus en plus en cours de journée de jeudi prémices d’un risque d’averses en fin de journée. Le risque d’orage n’est pas négligé mais à cette échéance il est encore difficile d’établir une prévision.

Sécheresse en Seine-Maritime : c’est terminé !

Carte issue du Service Géologique National.

Les quantités de pluies tombées entre octobre et décembre ont permis aux nappes phréatiques de se recharger et d’espérer un niveau satisfaisant pour la sortie d’hiver. Au 1er janvier 2020, la sécheresse c’est du passé ! C’est une très bonne nouvelle pour le printemps et l’été prochain. En revanche, à cette date, notre département est simplement autour de la moyenne par rapport à la capacité que nous avons.

Avec les conditions anticycloniques prévues dominantes ce mois-ci ainsi que le printemps prochain, serons-nous à nouveau touchés par une sécheresse durable ? C’est ce que Météo76 craint. A peine finie, elle pourrait revenir dans les mois à venir… Nous espérons désormais que nos tendances saisonnières actuelles (c’est à dire un temps sec dominant pour février et mars) soient fausses pour éviter de « souffrir ».

Bilan climatique année 2019

L’année 2019 enregistre une anomalie de température excédentaire à contrario de la pluviométrie et de l’ensoleillement où l’on observe un très léger déficit. Explications point par point, mois par mois.

Le mois de janvier 2019 a été globalement plus sec, frais et moins ensoleillé que la normale. On a observé quelques épisodes neigeux peu significatifs durant la dernière décade, le 22-23 et 28-29 janvier.

Température : -0,2°C
Précipitations : -35 %
Ensoleillement : -69 %

Février 2019 a pris une tournure estivale exceptionnelle ! C’est d’ailleurs le mois le plus chaud enregistré dans l’année mais aussi depuis les années 70 (pour un mois de février). Un record est à la clé avec une valeur de 19,7°C observée à Rouen le 27 février 2019 (précédent record : 18,9°C le 24 février 1990). La barre des 15°C a été dépassée 8 fois (la barre des 20°C a faillie être atteinte une fois).

Température : +4°C
Précipitations : -19 %
Ensoleillement : +72 % !!

Mars 2019 a été « correcte » côté ensoleillement et précipitations. Niveau températures, la douceur a globalement régné. La première quinzaine a été humide et la seconde plus sèche.

Températures : +1,4°C
Précipitations : -32 %
Ensoleillement : -12 %

Avril 2019 a été plus doux et très ensoleillé. Ce mois a été contrastant au niveau des températures : le 14 avril il faisait entre 10 et 11°C, 4 jours plus tard le 18 avril on dépasse les 20°C, ceux pendant 5 jours.

Températures : +2°C
Précipitations : -44 %
Ensoleillement : +29 %

Mai 2019 a été de saison, sec et correctement ensoleillé. La première quinzaine a été fraîche et la seconde plus douce nous amenant une anomalie proche de 0°C. Un coup de vent a été signalé le 8 mai avec des rafales proches des 90 km/h.

Températures : -0,3°C
Précipitations : -48 %
Ensoleillement : -21 %

Juin 2019 : début de l’été météorologique avec des phénomènes météo surprenants… Ce mois a été plus chaud et moins humide que la normale. Le 1er et 2 juin, la barre des 30°C est frôlée. La fin du mois est caniculaire avec les 35°C atteints, deux records sont même tombés : au Havre, il a fait 34,7°C battant le précédent record de 33,1°C du 26 juin 2001 ; à Dieppe il a fait 35,4°C battant le record de juin 2017 de 34,9°C. A titre d’information, durant la fin de mois, les températures ont été supérieures à +15°C par rapport à la normale 1981-2010. Un premier orage a été signalé le 11 juin avec des chutes de grêle impressionnantes de 2-3 cm de diamètre. Un suivant le 18 juin où des éclairs captivants sont observés dans le ciel.

Températures : +2,3°C
Précipitations : -25 %
Ensoleillement : -14 %

Juillet 2019 : ce mois a été très sec, chaud et très ensoleillé. Pour la première fois depuis le début des relevés, on a dépassé les 40°C en Seine-Maritime, chose qui n’avait jamais été vue auparavant. Le 25 juillet, il a fait 38,1°C au Havre, 40,1°C à Dieppe et 41,3°C à Rouen. Ces trois valeurs ont battus leurs records, de +4°C !!! Les précédents sont : 36,1°C au Havre en juillet 1952, 38,3°C à Dieppe en juillet 2015 et 37,9°C à Rouen en juillet 2015. Un puissant orage a éclaté le 25 juillet au soir avec des grêlons jusuq’à 4 cm de diamètre.

Températures : +2,6°C
Précipitations : -60 %
Ensoleillement : +36 %

Août 2019 : les fortes chaleurs se poursuivent, sont durables mais moins intenses que les deux mois précédents.

Températures : +1,6°C
Précipitations : -30 %
Ensoleillement : +6 %

Septembre 2019 : une belle arrière saison avec beaucoup de soleil et des températures très douces. RAS.

Températures : +0,8°C
Précipitations : -40%
Ensoleillement : +1 %

Octobre 2019 : humide et doux. Un flux d’ouest dépressionnaire s’est rapidement mis en place dès le début du mois (après le petit coup de fraîcheur). Les précipitations ont été globalement deux fois supérieures à la normale. Côté mercure, on a observé 4 fois <20°C.

Températures : +0,8°C
Précipitations : +77 %
Ensoleillement : -50 %

Novembre : dans la continuité, ce mois a été très humide et de saison. Des cumuls de pluies notables ont été enregistrés tout au long du mois avec 136,2 mm à Dieppe, 159 mm au Havre et 162,5 mm à Rouen (qui ce dernier est bat le précédent record de 1974 : 160,8 mm). Les températures ont été de saison dans l’ensemble, RAS de ce côté. L’ensoleillement a été exceptionnellement déficitaire, dans le top 3 des moins ensoleillés depuis 1991.

Températures : -0,3°C
Précipitations : +83 %
Ensoleillement : -35 %

Décembre : ce mois a été très doux et humide, peu ensoleillé.

On détient des cumuls de pluies importants : 90,7 mm au Havre, 103,6 mm à Dieppe et 127,4 mm à Rouen. Aucun record de température à la clé mais des valeurs très douces pour la saison avec même un pic de « douceur » le 19 décembre qui fût la 3ème journée la plus chaude observée depuis les années 70 (pour un mois de décembre). Un temps dépressionnaire très actif s’est mis en place en cours de mois, davantage du 8 au 14 décembre avec 4 journées où des rafales de vent ont été supérieures à 110 km/h : il faut remonter à décembre 2011 pour retrouver un événement similaire sur une période aussi courte.

Températures : +2,1°C
Précipitations : +24 %
Ensoleillement : -23 %

Cette année 2019 est la plus chaude au Havre, la deuxième à Rouen et la quatrième à Dieppe. Au niveau national, cette année figure dans le top 3 des plus chauds, après 2018 et 2014.

Températures : +1,36°C
Précipitations : -4,6 % (776,4 mm)
Ensoleillement : -2 % (1533 heures)

Sans les détails, 2019 est la 6ème année consécutive avec une anomalie de températures supérieure à la normale de 1981-2010. De 2000 à 2019, la Seine-Maritime a gagné +1°C. Seules 3 années sur 19 ont été plus froides que la normale (2010, 2012 et 2013).

Ce qu’il faut donc retenir de cette année, c’est la douceur dominante avec deux vagues de chaleur fin juin et fin juillet. C’est d’ailleurs remarquable et exceptionnel de connaître deux vagues similaires sur un temps peu espacé (!!!). La grande douceur de février aussi. Retenir également la sécheresse durable de janvier à novembre (avec une atténuation très forte entre octobre et novembre). Désormais, la sécheresse c’est du passé. Nous retiendrons également un automne très pluvieux, le plus pluvieux depuis 1974.

Vers un rafraîchissement fin octobre ?

Photo d’illustration Pixabay

L’automne météorologique a commencé depuis le 1er septembre (non calendaire) et seulement deux matinées fraîches sur 53 jours. C’est à se demander où est passée la fraîcheur automnale telle qu’on la connaît. Étonnant : il se pourrait qu’une baisse sensible du thermomètre soit d’actualité d’ici la fin Octobre.

Pour l’instant, plus de la moitié de l’automne 2019 affiche un excédent thermique (d’environ +1.5°C) et pluviométrique et un déficit d’ensoleillement (par rapport à la moyenne de la période 1991-2010).

Encore une fois, jusqu’à samedi, la douceur ne va pas nous échapper grâce à un flux de sud-ouest qui pilote une masse d’air plus douce. Néanmoins, un changement devrait s’opérer dimanche avec l’arrivée d’un « front froid » (ce qu’on appelle en météo : c’est une perturbation qui précède d’un air plus froid). Ce dernier devrait donc faire chuter les températures durant la journée dimanche dans un flux de nord à nord-est sensible. En début de semaine prochaine, une zone de hautes pressions va se mettre en place vers l’Islande augurant un temps plus sec et un flux de secteur nord-est. Résultat, le thermomètre devrait continuer à progressivement chuter pour devenir pratiquement hivernales. De ce que l’on sait actuellement, les valeurs minimales devraient se situer de 5°C et les maximales de 10°C. Nous surveillons attentivement l’évolution des centres d’actions car au vu de l’échéance, des décalages peuvent avoir lieux.

L’ouragan Lorenzo va-t-il toucher la Seine-Maritime ?

Photo d’illustration via Pixabay

Un ouragan nommé Lorenzo frappe actuellement les Açores avec beaucoup de vent et de la pluie. Il se dirige tout droit vers l’Europe de l’Ouest. Va-t-il toucher la Seine-Maritime ? Éléments de réponse avec notre météorologue Benoît.

Dans les prochains jours, cet ouragan va perdre progressivement toutes ses caractéristiques extra-tropicales. En effet, en rencontrant une mer plus froide, ce phénomène tourbillonnaire perd en intensité. D’ailleurs, pour que ce dernier soit suffisamment alimenté, il doit être regorgé d’eau chaude et d’humidité, ce qui ne sera pas le cas en s’approchant de l’Europe, plus précisément l’Irlande. En revanche, il frappera tout de même de plein fouet ce pays avec de très grosses vagues, une perturbation et des rafales de vent tempétueuses.

Il deviendra en l’espace de plusieurs une simple dépression de l’Angleterre à la France. Il apportera seulement une faible perturbation (qui concernera la Seine-Maritime dans la nuit de jeudi à vendredi) suivi d’averses vendredi après-midi. Ces averses seront également accompagnées d’un vent de secteur soufflant jusqu’à 60 km/h.

Le réchauffement climatique en cause ?

Ne mélangeons pas tout ! Certes, il ne faut pas nier le réchauffement climatique mais ce sujet ne doit pas être mis à avant dès qu’un événement peu ordinaire circule. C’est pour l’instant le troisième « ouragan » à s’être le plus approché de l’Europe mais il est encore impossible de trouver une corrélation entre le réchauffement climatique et les ouragans puisque le réchauffement est tout récent.