L’hiver 2019-2020 le plus froid depuis 30 ans : info ou intox ?

Un article qui fait fureur à cette période de l’année depuis plusieurs années… « L’hiver 2019-2020 pourrait être le plus froid depuis 30 ans » ; « La bête de l’Est arrive cet hiver ». Des titres très accrocheurs (« putaclic ») et des termes grotesques qui incitent le public à cliquer sur le lien pour satisfaire et faire peur à ce dernier.

Problème : en effet, les faux articles sont publiés par des gens qui se font passer pour des spécialistes météo alors que ce n’est pas le cas. Ainsi, les vrais météorologues en subissent les conséquences… je cite « vous savez même pas prévoir à 3 jours, alors à 3 mois ! ». Je souligne le fait qu’il est bon de choisir sa source officielle avant de crier au grand loup…

Bien que les tendances saisonnières soient un sujet encore sensible à prévoir, des progrès ont été observés ces dernières années. En effet, il est possible de déterminer dans les grandes lignes les potentielles anomalies (de températures, de précipitations et d’ensoleillement) pour un trimestre à venir. Par exemple, pour cet hiver, le trimestre décembre-janvier-février est prévu globalement plus doux, plus humide que la normale. En revanche, il est possible qu’un mois sur les 3 soit plus sec et plus froid. Elle est là la complexité de l’étude des tendances saisonnières.

Bref, en résumé : cet article qui revient chaque année est une fake news qui veut vous faire entendre ce que vous voulez écouter, à contrario des météorologues officiels qui tentent toujours au mieux d’apporter leurs expériences personnelles et leurs connaissances acquises.

Bilan climatique de novembre 2019

Photo d’illustration via Pixabay

Le mois de novembre 2019 a été légèrement plus frais, très humide et peu ensoleillé.

Sur la moyenne du mois, un flux d’ouest à nord-ouest humide et frais a été dominant. L’anticyclone des Açores était le plus souvent rétracté sur l’Atlantique, un autre anticyclone puissant a dominé également sur l’Europe du Nord et de l’Est. En Seine-Maritime, les perturbations ont été récurrentes.

Une fraîcheur marquée a été observée sur la période du 8 au 21 novembre ainsi que le 29 et 30 novembre. Les autres jours, les températures ont été soit de saison, soit légèrement au-dessus des normales. La première gelée (température négative officielle) de l’automne a été observée le 20 novembre sur toute la Seine-Maritime.

La pluviométrie a été remarquable ce mois-ci avec des cumuls de pluies notables avec 136,2 mm relevé à Dieppe, 159 mm au Havre et 162,5 mm à Rouen. D’ailleurs, un record de pluie est à la clé à la station de Rouen : en effet, le dernier record date de 1974 avec 160,8 mm. Le nouveau record est donc de 162,5 mm en 2019. Aucun autre record n’a été observé. Le jour le plus pluvieux fût le 15 novembre avec 30,9 mm enregistré à la station du Havre.

Enfin, l’ensoleillement a été exceptionnellement déficitaire. Seulement 39,1h enregistrées en Seine-Maritime, dans le top 3 des mois les moins ensoleillés depuis 1991. Le deuxième date de 2012 et le premier de 2010 avec seulement 29,1h.

Faits marquants de ce mois : une quinzaine d’averses de grêle (en moyenne) a été recensée en l’espace de 24h entre le 11 et 12 novembre en prenant en compte une grosse partie du département ; excédent pluviométrique exceptionnel.

Températures légèrement déficitaires

Par rapport à la moyenne 1981-2010, l’anomalie de température a été légèrement inférieure de -0.5°C, moyennant les 3 stations officielles (Le Havre, Rouen, Dieppe).

Précipitations excédentaires

Les précipitations ont été largement excédentaires de +83 % (~152 mm contre une moyenne de 83 mm) par rapport à la moyenne 1981-2010.

Ensoleillement déficitaire

La durée d’ensoleillement a été déficitaire d’environ -21 % (39.1h contre 60h en moyenne) par rapport à la moyenne 1981-2010.

Bilan climatique de l’automne 2019 : plus doux, très pluvieux et exceptionnellement peu ensoleillé

L’automne 2019 a été marqué par une pluviométrique excédentaire avec un mois de septembre sec, octobre et novembre très pluvieux. Il est tombé l’équivalent de 4 mois de précipitations entre le 1er octobre et le 30 novembre (300 mm en 2 mois) et autant que la période janvier-juin 2019. On a déjà eu des automnes pratiquement aussi pluvieux comme 2013 et 2009 mais sur une période aussi courte il faut remonter 19 ans en arrière, durant l’automne 2000. L’excédent pluviométrique sur le trimestre est de +37 % en moyennant le Havre, Dieppe et Rouen avec un excédent plus marqué à Rouen et au Havre. Cet automne a été aussi plus doux que la moyenne de +1°C tout rond. L’ensoleillement a été déficitaire de -88 % cet automne, le 3ème le moins ensoleillé depuis 2010. Quelques périodes fraîches marquées observées début et fin octobre et durant le mois de novembre.

La grêle, un phénomène localisé et hostile

Qu’est ce que la grêle et comment se forme-t-elle ? Pourquoi est-ce si dangereux que cela ? Notre météorologue Benoît vous explique.

La grêle est un type de précipitation qui se fait sous forme solide. On parle de grêle quand le diamètre des précipitations atteint 5 mm. En-dessous, on parle de grésil. Au-dessus, on parle de grêlon. La grêle se forme au sein d’un cumulonimbus (orage), un nuage qui peut monter à une dizaine de km d’altitude.

A partir de l’automne, la masse d’air se refroidit à toutes les altitudes. A 5500 mètres environ, la température peut descendre jusqu’à -40 voire -50°C. A cette heure et hauteur, la température est descendue jusqu’à -35°C. L’écart de température entre l’altitude et nous est tellement important qu’une certaine instabilité se présente : le nuage monte, monte jusqu’à atteindre un certain sommet et en rencontrant la température positive du sol, l’averse se déclenche. Vu qu’il fait froid là-haut, la précipitation est solide. Ça va tellement vite que la grêle n’a pas le temps de fondre jusqu’au sol : en météo, on appelle ça un « courant descendant ».

C’est un phénomène météo le plus souvent très localisé mais aussi très hostile. En effet, une averse de grêle est prévisible en météo mais en réalité dans notre conduite sur la route ce n’est pas le cas. Ça peut ainsi surprendre de nombreux automobilistes : d’où la dangerosité du phénomène. Une couche de grêle peut très vite se mettre en place et rendre les routes très glissantes, comme la pluie et la neige. Quand la compréhension de ce sujet sera claire, le risque d’accident diminuera…

Première décade de novembre bien pluvieuse !

Depuis le début du mois, un flux d’ouest à nord-ouest circule sur nos contrées apportant de fréquentes perturbations dans son chemin. Résultat, la pluviométrie est déjà importante pour ces 10 premiers jours de novembre.

En effet, Météo76 enregistre durant la période du 1er au 10 novembre 41.2 mm à Dieppe (moyenne de 89mm), 69.5 mm à Rouen (moyenne de 76 mm) et 58 mm au Havre (moyenne de 85 mm). Sachant que ce n’est pas fini, d’autres perturbations sont attendues jusqu’en fin de semaine. On pourrait atteindre la moyenne d’ici le 20 novembre environ…

Sur le long terme, précisément durant la dernière décade de novembre, des conditions plus sèches et fraîches pourraient intervenir avec l’influence des hautes pressions. Tendance qui demande à être confirmée…

« Vague de froid » cette semaine ?

Relayé un paquet de fois, un article a été publié ces dernières heures concernant la météo de cette semaine avec comme sujet une « vague de froid exceptionnelle » ou encore « vague de froid de grande ampleur »… Qu’en est-il réellement ? Notre météorologue Benoît vous explique.

Les médias n’en font – encore une fois – qu’à leur tête ! En effet, ce genre d’article a été énormément partagé sur les réseaux sociaux indiquant une vague de froid pour cette semaine sur la France. Or, c’est complètement FAUX ! L’indécence et l’absurdité sont les mots que j’emploierai pour ce cas-là. C’est une nouvelle fois la communauté météo qui est « attaquée », professionnelle et amateur, qui sont totalement discrédités à cause de ça. Y’en a marre !

En Seine-Maritime, il s’agira simplement d’une baisse des températures relative, ce qu’on peut appeler en cette saison un coup de froid classique. En effet, les températures matinales seront légèrement positives (situées entre 2 et 5°C) et les maximales se situeront entre 6 et 8°C. Pas de quoi en faire tout un plat. On ne parlera pas non plus de chutes de neige en plaine.

Pour rappel, une vague de froid se caractérise par de fortes gelées et des températures maximales négatives durant au moins DEUX JOURS. Ça ne sera absolument pas le cas cette semaine.

Ces prochains jours : des températures en baisse…

Ça en devient un fait rare (ou pas!) : une baisse relative des températures est attendue à partir de ce week-end en Seine-Maritime. Un vrai classique pour un mois de novembre. Après tout, on entre bientôt dans la saison hivernale.

Pour l’instant, le mois de novembre enregistre (encore), sur les 6 premiers jours, une anomalie de températures positive supérieure à +1,5°C. Cette dernière devrait baisser petit à petit jusqu’à la mi-novembre au moins et se retrouver proche de 0°C. En effet, un courant d’ouest à nord-ouest va dominer apportant de fréquentes perturbations et une masse d’air relativement plus fraîche, qui d’ailleurs sera persistante jusqu’au 15 novembre environ. Avec pas mal de nuages et d’averses, les températures devraient drastiquement avoir du mal à grimper. Ainsi, les matinées marqueront une nette baisse pour devenir hivernales (moyenne de 4°C). Les après-midis également, bien qu’elles ne devraient pas totalement évoluer en fonction des journées, où les valeurs seront comprises entre 8 et 9°C (parfois jusqu’à 10°C). Ce sont des valeurs dignes d’un mois de décembre. Dit comme ça, ces valeurs n’ont rien d’hivernales mais pourtant si.

Les dernières mises à jour des modèles numériques ont un petit retourné leur vestes. On pourrait connaître « probablement » un flux de nord-ouest humide et frais jusqu’au 20 novembre. Un temps plus sec et (froid ou doux) pourrait être d’actualité en fin de mois. Nous surveillons attentivement l’évolution des centres d’actions. Restez connectés !

Bilan climatique d’Octobre 2019

Le mois d’octobre 2019 a été plus doux et plus humide que la normale.

Sur la moyenne d’Octobre, un flux d’ouest-sud-ouest/ouest-nord-ouest a largement dominé. Un système dépressionnaire a été souvent ancré sur l’Atlantique fournissant des perturbations de tout types (averses, pluies en continu) ainsi qu’une nébulosité importante. L’Anticyclone des Açores était souvent rétracté dans son pays d’origine : les Açores.

Deux courtes périodes fraîches ont été observées, une fois en début de mois (le 3 octobre, on a relevé les valeurs suivantes : 1.9°C de minimale à Rouen, 4.7°C à Dieppe et 8.5°C au Havre) et une autre en fin de mois (du 27 au 31). Seules 2 matinées sur 31 ont été plus froides que la moyenne. La barre des 20°C a été dépassée 4 fois. Le jour le plus pluvieux fût observé le 15 octobre. Aucun record absolu a été observé ce mois-ci.

Températures excédentaires

Par rapport à la moyenne 1981-2010, l’anomalie de température a été légèrement supérieure à la normale de +0.8°C, moyennant les trois stations officiels de la Seine-Maritime (Le Havre, Rouen, Dieppe).

Précipitations excédentaires

Les précipitations ont été largement excédentaires de +77% (~146 mm contre ~86 mm en moyenne) par rapport à la moyenne 1981-2010.

Ensoleillement déficitaire

La durée d’ensoleillement a été déficitaire d’environ 50 % (52h au total contre 107h en moyenne) par rapport à la moyenne 1981-2010.

Vers un rafraîchissement fin octobre ?

Photo d’illustration Pixabay

L’automne météorologique a commencé depuis le 1er septembre (non calendaire) et seulement deux matinées fraîches sur 53 jours. C’est à se demander où est passée la fraîcheur automnale telle qu’on la connaît. Étonnant : il se pourrait qu’une baisse sensible du thermomètre soit d’actualité d’ici la fin Octobre.

Pour l’instant, plus de la moitié de l’automne 2019 affiche un excédent thermique (d’environ +1.5°C) et pluviométrique et un déficit d’ensoleillement (par rapport à la moyenne de la période 1991-2010).

Encore une fois, jusqu’à samedi, la douceur ne va pas nous échapper grâce à un flux de sud-ouest qui pilote une masse d’air plus douce. Néanmoins, un changement devrait s’opérer dimanche avec l’arrivée d’un « front froid » (ce qu’on appelle en météo : c’est une perturbation qui précède d’un air plus froid). Ce dernier devrait donc faire chuter les températures durant la journée dimanche dans un flux de nord à nord-est sensible. En début de semaine prochaine, une zone de hautes pressions va se mettre en place vers l’Islande augurant un temps plus sec et un flux de secteur nord-est. Résultat, le thermomètre devrait continuer à progressivement chuter pour devenir pratiquement hivernales. De ce que l’on sait actuellement, les valeurs minimales devraient se situer de 5°C et les maximales de 10°C. Nous surveillons attentivement l’évolution des centres d’actions car au vu de l’échéance, des décalages peuvent avoir lieux.

L’ouragan Lorenzo va-t-il toucher la Seine-Maritime ?

Photo d’illustration via Pixabay

Un ouragan nommé Lorenzo frappe actuellement les Açores avec beaucoup de vent et de la pluie. Il se dirige tout droit vers l’Europe de l’Ouest. Va-t-il toucher la Seine-Maritime ? Éléments de réponse avec notre météorologue Benoît.

Dans les prochains jours, cet ouragan va perdre progressivement toutes ses caractéristiques extra-tropicales. En effet, en rencontrant une mer plus froide, ce phénomène tourbillonnaire perd en intensité. D’ailleurs, pour que ce dernier soit suffisamment alimenté, il doit être regorgé d’eau chaude et d’humidité, ce qui ne sera pas le cas en s’approchant de l’Europe, plus précisément l’Irlande. En revanche, il frappera tout de même de plein fouet ce pays avec de très grosses vagues, une perturbation et des rafales de vent tempétueuses.

Il deviendra en l’espace de plusieurs une simple dépression de l’Angleterre à la France. Il apportera seulement une faible perturbation (qui concernera la Seine-Maritime dans la nuit de jeudi à vendredi) suivi d’averses vendredi après-midi. Ces averses seront également accompagnées d’un vent de secteur soufflant jusqu’à 60 km/h.

Le réchauffement climatique en cause ?

Ne mélangeons pas tout ! Certes, il ne faut pas nier le réchauffement climatique mais ce sujet ne doit pas être mis à avant dès qu’un événement peu ordinaire circule. C’est pour l’instant le troisième « ouragan » à s’être le plus approché de l’Europe mais il est encore impossible de trouver une corrélation entre le réchauffement climatique et les ouragans puisque le réchauffement est tout récent.

Point sur la sécheresse !

Carte départementale des arrêtés au 20/09/19 / Source : Propluvia

Depuis au moins déjà 5 ans, la situation hydrologique ne cesse de s’empirer en France avec plus de 80 départements en restrictions d’usages d’eaux (alerte maximale). C’est à l’heure actuelle du jamais vu. En cause, des hautes pressions omniprésentes qui bloquent toutes perturbations océaniques sur notre territoire.

Nous concernant, « tout va pour le mieux » peut-on dire ! En effet, la Seine-Maritime n’est pas fortement touchée par la sécheresse, du moins pour ce qui est des eaux souterraines. En revanche, les signaux sont importants pour les eaux superficielles, autrement dit nos sols. Bien que l’hiver dernier ait été humide, cette année est catastrophique en terme de précipitations puisque depuis le 1er janvier nous observons seulement 300 mm (tandis que la moyenne annuelle est de 1043 mm). Nous sommes en septembre, je vous laisse réfléchir…

En résumé, notre département est globalement en vigilance. Il y a une alerte jaune pour le bassin de la Bresle, le bassin de l’Yères et le bassin de l’Austreberthe.